Ces dernières semaines, il y a eu beaucoup de remous concernant la hausse du prix de l’électricité pour permettre de subventionner l’énergie renouvelable. Les journalistes étaient même créatifs en pensant à toutes sortes de nouveaux mots qui pouvaient facilement résumer cette mesure politique. Malheureusement pour elle, notre ministre flamande de l’énergie, on se rappellera pendant des siècles de notre ministre flamande de l’énergie à cause de la Taxe Turtelboom. Elle fait même glisser la responsabilité des coûts encourus pour les subventions de l’énergie renouvelable vers son prédécesseur et choisit le terme « facture de Freya ».

Déjà en 2011, j’avais rédigé avec le prof. Johan Albrecht un article pour le groupe de réflexion Itinera dans lequel nous avertissions à propos de la hauteur des coûts de la subvention de l’énergie renouvelable. Selon nos estimations de 2011, la facture pour la famille lambda augmenterait de 106 euros à 159 euros par an pour 2020. Nous étions de toute évidence optimistes, car la facture a maintenant augmenté de 100 euros par ménage (sans compter la hausse de la TVA, la suppression du courant gratuit et les tarifs réseau plus élevés, sinon nous arrivons à un montant encore plus élevé). Nous avons alors remarqué que c’est encore toujours très pertinent, que les panneaux solaires ne sont pas les seuls à être subventionnés, mais qu’ils reçoivent toute l’attention dans la majorité des médias, alors que le vent et la biomasse reçoivent également beaucoup de subventions.
Qui est réellement « responsable » de cette facture ? C’est en effet bien plus compliqué que ce qu’il paraît. Tout a commencé en 2002 avec Steve — gratuit — Stevaert et ensuite Kris Peeters a repris la politique de subvention sans presque la changer. Fin 2006, ces panneaux étaient encore chers et personne ne voulait les installer en dépit d’une subvention de 450 euros/MWh. Malheureusement pour Hilde Crevits (2007) et Freya Van den Bossche (à partir de 2009), les prix des panneaux solaires ont soudainement diminué bien plus vite que les subventions et sont ainsi devenus très populaires. Ces dames n’ont pas réagi rapidement aux chutes des prix et les frais de subvention ont augmenté très rapidement en quelques années (2008-2012). En raison de la pression subie, Freya Van den Bossche a, contre l’avis des installateurs de panneaux solaires, radicalement modifié les subventions. À partir de 2011, les subventions ont diminué très rapidement et ont finalement été supprimées en 2014. Malheureusement, il était déjà trop tard à ce moment, les promesses avaient été faites et les contrats signés, il n’y avait plus rien à faire. Un gel des tarifs de distribution par le gouvernement fédéral a suivi, vous savez bien, le cadeau de l’empereur d’Ostende, avec pour conséquence que la montagne des dettes continue à grandir.

Mme Turtelboom se retrouve donc maintenant avec cet héritage ennuyeux. La « Turteltaks » entrera-t-elle dans le dictionnaire néerlandais Van Dale en 2016 ?

Source

Albrecht J. en Laleman R. (2011) Hernieuwbare energie in Vlaanderen. Wat is de meerkost per gezin in 2020? Itinera Insitute Analyse http://www.itinerainstitute.org/sites/default/files/articles/pdf/20_ja.pdf